Cet article vise à réfléchir au rôle de la cartographie dans la délimitation et le bornage des espaces coloniaux associés aux environnements désertiques. La première partie du chapitre examine les particularités des processus de tracé des frontières dans ces environnements, en accordant une attention particulière au recours fréquent aux frontières géométriques et au rôle des cartes dans l’appropriation et la colonisation de ces espaces, ainsi que dans les différends frontaliers qui leur sont associés.
À titre d’étude de cas, le chapitre analyse l’exemple du Sahara occidental, ou Sahara espagnol, dont les frontières ont été définies par les conventions hispano-françaises de 1900, 1904 et 1912, mais n’ont été ni délimitées ni bornées avant les années 1950, lorsque fut créée une Commission internationale mixte chargée de mener à bien ces opérations. Comme le montre le chapitre, la cartographie produite au cours de cette période a joué un rôle essentiel dans le processus de géométrisation et d’épuration administrative des frontières de cette région en grande partie désertique. Elle a ainsi facilité le passage d’une frontière zonale, telle que celle qui séparait les administrations coloniales espagnole et française pendant plusieurs décennies, à une frontière linéaire, associée aux conceptions européennes modernes de la souveraineté et de la territorialité.
- Titre : Drawing Lines in the Sand: Cartography and Boundary-Making in Colonial Western Sahara
- Auteur : Ana Raya-Collado et Jacobo García-Álvarez
- Éditeur : Jacobo García-Álvarez et André Reyes Novaes
- Date de publication : Août 2026
- Pages : 79-102
- DOI : https://doi.org/10.1007/978-3-032-29889-8_5